Dans la peau d’une analyste du Réseau de Veille

Professions de l'industrie · · Commenter

En marge du Somment mondial Destination pour tous où j’assistais Chantal Neault et Claudine Barry dans leur prise de note pendant les conférences parrallèles, j’ai eu la chance d’interviewer cette dernière pour en savoir plus sur ce métier fascinant qu’elles exercent. Voici une version éditée de l’entrevue.

Vous m’avez dis tout à l’heure que le Réseau de veille était plutôt unique, pouvez-vous m’en dire plus?

C’est unique dans le sens où ce que nous faisons n’est pas un travail journalistique à proprement parler, ni de recherche académique. Il existe des réseau de veille de plus en plus dans d’autres domaines, mais pas en tourisme au Québec.

Ce que nous faisons c’est vraiment une veille compétitive et stratégique. On surveille ce qui se fait ailleurs, dans notre cas d’autres destinations au niveau des tendances et des bonnes pratiques afin de les partager avec les acteurs de l’industrie. L’idée c’est de s’adresser aux entreprises et organisations touristiques dans le but d’informer les gestionnaires en ressources humaines, en marketing, etc. En fait, nous sommes les seuls dont c’est la mission ou notre «core business».

Combien d’analystes composent l’équipe et en général, quelles sont les qualifications requises?

Nous sommes grosso-modo 5-6 analystes réguliers. Nous avons aussi d’autres contributeurs à l’occasion. Nous avons tous des formations en tourisme ou en urbanisme, soit de niveau baccalauréat, soit maîtrise.

Parlez-moi un peu du travail derrière chaque analyse publiée…

Premièrement, on gère une très grande quatité d’informations. Nous sommes abonnés à 600 sources en tout, partagées entre les membres de l’équipe. Des périodiques scientifiques, des journaux généralisés, etc. On partage l’information entre nous via un réseau social interne.

Twitter fait partie de nos sources, mais c’est difficile parce que ça va trop vite. Nous utilisons plutôt des infolettres spécialisées et les fils RSS des organisations qui eux suivent quantité d’hôtels, de restaurants, attractions, etc. Des comptes rendu d’études scientifiques aussi. Nous participons également à des conférences et des sommets. Nous sommes envoyés une fois par année à des conférences internationales.

Ensuite, à chaque deux semaines nous avons une réunion éditoriale. Chaque analyste y discute des sujets qu’il a vu passé, sur lesquels il aimerait écrire. Ensuite, il va cumuler de l’info avec l’aide des autres.

Un fois l’analyse rédigée, on partage le résultat avec nos collègues pour qu’ils puissent commenter et améliorer. Finalement, le texte passe en révision linguistique et est prêt à être publié.


Êtes-vous capables de savoir si l’information que vous transmettez dans vos analyses est utilisée par vos lecteurs?

La principale source d’information à ce sujet est l’outil de Google Analytics pour connaître les statistiques de pages vues et bien plus. Lorsqu’on participe à des conférences, on rencontre également des gens qui nous parlent de notre travail. Finalement, nous faisons une fois par année un sondage pour connaître l’impact des analyses. Généralement, on reçoit du «feedback» positif.

Nous avons aussi plusieurs veilles dédiées. C’est-à-dire que des organisations nous ont approché pour effectuer une veille pour des secteurs d’activités spécifiques en échange de financement. Nous sommes donc certains que ces sujets sont d’intérêt pour des organisations.

Quelle est votre principale source de motivation?

Apprendre et lire abondamment. Le tourisme est tellement un secteur qui ratisse large! On lit sur différents domaines, que ce soit l’urbanisme, le plein air, le développement durable, etc. C’est très intéressant.

C’est aussi motivant d’avoir du feedback de gens lorsqu’on va dans des conférences ainsi que par les réseaux sociaux.

Êtes-vous capable de décrocher ou voyez-vous toujours le monde qui vous entoure avec vos lunettes d’analyste en tourisme?

Quand on voyage, c’est difficile, mais j’aime ça! Ce n’est pas quelque chose de négatif.  C’est toujours intéressant de voir comment ça se passe ailleurs pour s’inspirer.

En terminant, auriez-vous un conseil pour un étudiant qui aspirerait à faire votre métier?

L’esprit de synthèse est très important. Être capable de rassembler ses idées, les illustrer. C’est toujours difficile de synthétiser pour parler au gestionnaire qui a peu de temps.
Claudine Barry - Analyse




Entrevue avec Claudine Barry
Analyste au Réseau de Veille en tourisme - Chaire de tourisme Transat
www.veilletourisme.ca



Par Caroline Asselin
Étudiante au B.A.A. Gestion des organisations et destinations touristiques - UQAM

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