L’Union européenne menace-t-elle les Américains et les Canadiens?

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Union européenneLe 12 avril dernier, l’Union européenne, révoltée contre le Canada et les États-Unis, leur rend la monnaie de la pièce en les obligeant de présenter un visa si leur population veut venir en Europe. Effectivement, jusqu’à cette année, les    Canadiens et les Américains étaient exemptés de visa alors que les Européens ont toujours eu l’obligation de se plier à cette exigence. Ainsi donc, afin de faire régner les mêmes droits entre ces pays, la Commission européenne voudrait réagir.

« La Commission a évalué les conséquences juridiques, politiques et économiques d'une éventuelle suspension temporaire de l'exemption de visa accordée aux États-Unis, au Canada […] et elle a demandé au Parlement et au Conseil européens de prendre position sur la voie à suivre », a indiqué le commissaire européen aux Migrations, Dimitris Avramopoulos, selon Le Quotidien du Tourisme.

Ainsi, le déplacement des civils de ces deux pays, vers une destination européenne, s’avérerait plus difficile, car ils devraient faire de longues démarches avant d’obtenir un visa (minimum six mois d’attente). Effectivement, si le Parlement et le Conseil européens confirment la mise en vigueur de réciprocité des visas le 12 juillet prochain, les Américains et les Canadiens seront dans l’obligation de posséder ce document pour être autorisés à entrer sur le sol européen.

Ce même problème, les Australiens et les Japonais le connaissent déjà, mais depuis 2015 ce litige a été réglé.

Que s’est-il réellement passé pour menaer à une telle décision?

Remontons dans le temps. Il y a deux ans de cela, soit en avril 2014, l’Union européenne s’est adressée aux États-Unis et au Canada en leur demandant de revoir l’imposition de visas envers les pays européens tels que : la Bulgarie, la Croatie, Chypre, la Pologne et la Roumanie. Mais en date d’aujourd’hui, toujours aucune réaction de leur part n’a été manifestée. Ainsi, la Commission considère que la date d’expiration est arrivée à terme, elle prend donc des mesures pour défendre les droits de ses territoires.

Ce sujet touchant les relations bilatérales, la Commission européenne travaille fortement afin d’obtenir un résultat équilibré et juste, pour tous les membres de l’Union européenne. Elle va faire en sorte que les États-Unis et le Canada soient aussi indulgents et leur accordent cette même exemption de visa qu’elles leur ont accordées. Autrement dit, elle va s’assurer que ces deux pays n’exigent plus de visas aux Européens et s’ils refusent cet accord, les Américains et les Canadiens auront à leur tour l’obligation de présenter ces formalités.

Cette décision est-elle sans conséquence?

Comme toute décision, celle-ci ne demeure pas sans conséquence. Ce sujet touche en majeure partie, selon Le Quotidien du Tourisme, les touristes internationaux tels que les Américains et Canadiens.  Ceux-ci représentent plus de 80 % de touristes d’agrément sur le marché européen et qui génèrent près de 50 milliards de dollars canadiens de recettes pour tous types de prestations confondus. Ces visiteurs contribuent fortement au développement touristique de l’Union européenne. C’est donc pourquoi l’association de tour-opérateurs européens (Etoa) manifeste une grande inquiétude, puisque si la mesure de réciprocité de visas entre en vigueur, elle pourrait entraîner une nette diminution de 30 % de ces touristes en Europe.

Autrement dit, 15 milliards d’euros (près de 22 milliards de dollars canadiens) de recettes et 600 000 emplois se voient menacés dans un futur très proche par cette mesure. Le président d’Etoa, Mario Bodini, lance donc un appel au Conseil et au Parlement européens afin qu’ils mesurent le poids de l’impact économique et renoncent à ce projet.

Pour conclure, je peux dire qu’en tant qu’étudiante française, il m’était vraiment difficile de rentrer sur le territoire canadien. Les démarches de visas ont été longues à faire, ainsi que l’attentepour avoir une réponse. De plus, je pense que ça n’est pas équitable que les Américains et les Canadiens puissent voyager librement sans aucun stress alors que les Européens sont contraints d’avoir en leur possession un visa pour mettre les pieds sur ces territoires.


Par Jennifer Alamélou
Étudiante en Techniques de tourisme, Cégep de Matane


Sources :
Tour hebdo, «Projet de visa pour les Américains et les Canadiens : quel impact pour le tourisme européen?», 13 avril 2016
Le Quotidien du tourisme, «Visas : L'UE envisage de suspendre la réciprocité avec les États-Unis et le Canada», 13 avril 2016
Journal de Montréal, «L’UE envisage de suspendre la réciprocité des visas avec les États-Unis et le Canada», 12 avril 2016

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