Les défis et perspectives de la relève: l'affaire de plusieurs générations

La relève en tourisme a besoin d’être guidée, ce n’est un secret pour personne. Nous en avons eu la preuve lors de la conférence du 18 février dernier sur les défis et enjeux qui attendent la relève en tourisme. Une trentaine d’étudiants étaient attendus, mais c’est plutôt à 80 personnes que les trois conférenciers ont livré leurs secrets. Belle réussite pour cette activité présentée par la Chaire de recherche en partenariat sur l’attractivité et l’innovation en tourisme (Québec-Charlevoix) de l’Université Laval, et l’occasion d’une première collaboration avec TourismExpress La Relève !


En répondant tour à tour aux questions de l'animatrice, Isabelle Falardeau, les conférenciers invités, M. Luc-Nicole-Labrie, M. Louis Leclerc et M. Pierre Labrie, ont offert de précieux conseils aux membres de l’audience qui, pour la plupart, termineront bientôt leurs études et joindront les rangs de l’industrie touristique québécoise.

Les conférenciers appartenant à des domaines touristiques différents et issus de trois générations distinctes posent un regard très personnel sur le tourisme, d’où la richesse de leurs témoignages. (De gauche à droite : M. Luc Nicole-Labrie, M. Louis Leclerc et M. Pierre Labrie)
Les conférenciers appartenant à des domaines touristiques différents et issus de trois générations distinctes posent un regard très personnel sur le tourisme, d’où la richesse de leurs témoignages. (De gauche à droite : M. Luc Nicole-Labrie, M. Louis Leclerc et M. Pierre Labrie)

Du discours de M. Luc Nicole-Labrie, coordonnateur à la médiation historique pour la Commission des champs de bataille nationaux, historien et conférencier, nous retiendrons principalement les mises en garde qu’il fait contre l’impatience et le désir de brûler les étapes que plusieurs ressentent au début d’une carrière en tourisme. Ce secteur d’activité étant tout sauf conventionnel, il offre des possibilités infinies à celui qui saura gravir les échelons, un à la fois, sans presse, tout en gardant ses objectifs en tête. «Vous devez faire votre temps», nous dit-il avec sagesse.

Quant à lui, M. Louis Leclerc, directeur général de Pixel Québec, incite les futurs acteurs de l’industrie touristique à exercer dès aujourd’hui leur capacité d’adaptation, car «c’est un monde qui bouge vite». Judicieuse recommandation de la part d’un professionnel de l’événementiel qui doit sans cesse se renouveler pour répondre à la demande touristique. C’est d’ailleurs un des principaux défis auxquels sera confrontée la relève selon lui.

Enfin, M. Pierre Labrie, ex-directeur de l’Office du tourisme de Québec, consultant et membre de plusieurs comités et conseils d’associations en tourisme, souligne l’importance de la mobilité, la définissant comme un atout majeur des acteurs en tourisme. «Voyagez !» nous envoie-t-il, en s’appuyant sur le caractère international de sa propre carrière. D’après lui, les postes les plus intéressants seront occupés par ceux qui n’auront pas peur de prendre le large et de travailler à l’extérieur de leur ville natale.

L’événement a attiré principalement des étudiants du certificat en tourisme durable et du baccalauréat en géographie – profil tourisme de l’Université Laval et des étudiants des programmes en tourisme du Collège Mérici et du Cégep Limoilou/St-Lawrence.
L’événement a attiré principalement des étudiants du certificat en tourisme durable et du baccalauréat en géographie – profil tourisme de l’Université Laval et des étudiants des programmes en tourisme du Collège Mérici et du Cégep Limoilou/St-Lawrence.

Ces discours en ont inspiré plusieurs, du moins, c’est ce qu’ont laissé entendre les étudiants avec qui nous nous sommes entretenus après la conférence. Cependant, quelques points ont retenu notre attention. D’abord, il a été affirmé par M. Pierre Labrie que pour former efficacement un employé en tourisme, il faut compter entre 3 et 5 ans de formation auprès d’un bon mentor. Or, nous avons découvert en discutant avec des enseignants du Collège Mérici et du Cégep Limoilou, que cette formule n’est pas considérée comme accessible ou réaliste pour tous. Et si l’Université Laval offre un programme officiel de mentorat à ses étudiants, ce n’est pas le cas des établissements collégiaux. Il y a donc du travail à faire pour que tous les diplômés en tourisme aient accès à ce genre d’entente qui faciliterait leur intégration sur le marché du travail.

Ensuite, le développement durable, thème central des études touristiques de notre époque, n’a pas été soulevé par les conférenciers. L’intervention d’un membre de l’auditoire à ce sujet pendant la période de questions n’a d’ailleurs pas généré de grand enthousiasme. Les trois professionnels semblent s’entendre sur le fait que la question durable prend de plus en plus de place dans la demande touristique, mais que les valeurs qui s’y rattachent sont difficiles à mettre en application. N’y a-t-il pas là, justement, un défi majeur pour la relève qui devra redoubler de créativité pour faire passer le tourisme durable de la théorie à la réalité?

Cela dit, le message d’espoir lancé par les conférenciers, les délicieux produits québécois offerts lors du coquetel et les échanges fructueux ont contribué à faire de cet événement une grande réussite.

Les étudiants, les membres de la chaire de recherche et les conférenciers ont eu l’occasion d’échanger autour d’un verre de moût de pomme de la Cidrerie Pedneault et de petites bouchées d’ici.
Les étudiants, les membres de la chaire de recherche et les conférenciers ont eu l’occasion d’échanger autour d’un verre de moût de pomme de la Cidrerie Pedneault et de petites bouchées d’ici.



Par Andréanne Goupil, Marie-Pierre Guy-Dorion et Isabelle Leduc
Étudiantes à la maîtrise en sciences géographiques (M. Sc Géogr.), Université Laval.

 

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