Les sports de glisse : 1 industrie, 2 continents, 2 modèles.

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Les sports de glisse, soit le ski et la planche à neige, font partie de la vie de nombreux Québécois. Comme avec toute chose familière, on ne se pose pas trop de questions sur le fonctionnement et la gouvernance de nos stations touristiques hivernales. Nous les percevons généralement comme des destinations globales dont les différents services sont interconnectés, gérés par une même entité. Et si je vous disais qu’il en est tout autrement en Europe, notamment en France et en Suisse? Voyons voir en quoi le modèle européen diffère du nôtre, et en quoi pourrions-nous nous en inspirer.

Les stations à l’européenne


Les premières stations de ski européennes ont d’abord été créées pour produire une richesse économique et sociale locale. Elles sont nées d’une volonté publique et privée commune. C’est donc dans cet esprit que la France et la Suisse ont octroyé aux communes (municipalités) la responsabilité du développement de l’industrie et des installations. Un bon nombre de petites stations restent toujours gérées entièrement ou partiellement par l’administration locale. Toutefois, les plus gros joueurs se sont tournés majoritairement vers une gestion déléguée. Ainsi, alors que la commune reste propriétaire de la montagne, elle est libre de contracter des ententes avec des entreprises privées pour l’opération des divers services touristiques, les principaux étant les remontées mécaniques, l’entretien du domaine skiable, l’hébergement, la restauration et les écoles de sports des neiges. Ceci assure un engagement maximal des résidents des communautés de support et une distribution plus équitable des retombées économiques. Toutefois, ce qui peut sembler une bonne chose pour cette communauté de prime abord, comporte des dangers importants. Alors que chacun des acteurs privés tente d’obtenir sa part du gâteau, les intérêts divergents peuvent miner la synergie nécessaire au développement de la destination. Ainsi, la petite taille des sociétés limite les initiatives marketing si celles-ci se font concurrence entre eux. De plus, on peut citer comme exemples concrets la multitude de sites Internet à visiter pour planifier le séjour, ou le fait que les moniteurs de ski doivent payer leurs abonnements rende plus difficile le recrutement.

Le modèle nord-américain

Le modèle que nous connaissons au Québec et à l’échelle de l’Amérique du Nord est complètement différent. À l’exception de quelques stations régionales, de grands groupes privés sont propriétaires des installations : remontées, restauration, location d’équipement, école de ski et même certains commerces et options d’hébergements, etc. Au Québec, on pense à Intrawest avec le Mont-Tremblant, MSSI avec les diverses stations des Laurentides ou à Resort of the Canadian Rockies avec le Mont-Sainte-Anne et Stoneham par exemple. L’avantage, c’est qu’en regroupant les différents services il est possible de mieux contrôler et améliorer l’expérience client en plus de diversifier les sources de revenus. Ceci est un point des plus important, surtout lorsqu’on compare avec les sociétés de remontées mécaniques suisses dont la majorité n’atteignent pas leur seuil de rentabilité. Par contre, on peut s’interroger sur le pouvoir que ces grandes organisations possèdent. Alors que les différents restaurants indépendants, les écoles de ski et les centre de location des montagnes européennes se font concurrence, les skieurs québécois paient le prix du quasi-monopole. De plus, il reste moins de place pour les entrepreneurs locaux qui voudraient tirer profit du tourisme hivernal.

En conclusion

Ainsi, nous pouvons nous poser la question. Tout en conservant l’intégration des services dans les stations touristiques hivernales, serait-il souhaitable et possible de faire une plus grande place aux entreprises indépendantes pour mieux redistribuer les retombées touristiques? Sauf qu’actuellement, peu d’espace a été prévu généralement pour permettre de tels commerces à la base des stations, puisque ce n’est pas dans leur intérêt. Pourrait-on changer cela? À l’heure où le concept de tourisme durable est sur toutes les lèvres, avec l’implication des communautés et la distribution des retombées de l’industrie touristique, cette comparaison peut certainement pousser à la réflexion. La prochaine fois que vous irez skier, portez-y attention!

Par Caroline Asselin, 
Étudiante au B.A.A Gestion des organisations et destinations touristiques – ESG UQAM

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