Ne plus rien posséder : La nouvelle règle

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Post-matérialisme Qui achète encore quand tout peut être maintenant loué ou échangé ? La société glisse progressivement vers un modèle vieux comme le monde (ou presque) du troc entre particuliers. Transactions simplifiées et une confiance renforcée entre individus le tout dans le monde merveilleux d’internet. Est-ce la fin du matérialisme ? Les industries du service tel que le tourisme sont aussi concernées. Après un passage à Las Vegas cette fin de semaine, j’ai ressenti un malaise face à toute cette abondance, je ne me sentais pas totalement à l’aise d’être présent dans la ville du vice et de la démesure, icône du matérialisme par excellence. Le service en général n’était également pas joyeux. J’ai voulu comprendre pourquoi… Décryptage sur un phénomène de société.

LE CONCEPT DU MATÉRIALISME À L’HEURE DU TOUT NUMÉRIQUE

On parle de valeurs, de mouvements sociaux, d’austérité, etc. Le contexte économique vit encore dans une incertitude profonde, car les individus semblent blasés du tout matériel et du principe de la possession qui a mené notre société là où elle est présentement. Hors, les individus évoluent et ce matérialisme qui doit apporter bonheur et satisfaction n’est plus qu’un lointain souvenir. Aujourd’hui, on ne possède presque plus, le matériel physique est remplacé par du virtuel. Bref, la société est en mouvance et le moins que l’on puisse dire c’est que les valeurs matérialistes longtemps ancrées sont en passe de devenir obsolètes. Lors de mon passage à Las Vegas en fin de semaine, j’ai pris le temps de comprendre l’intérêt de ce type de création. Cette ville démontre l’apogée de la surconsommation de biens, mais surtout de services. À l’heure actuelle, il est encore difficile de croire que l’on continuera à consommer tel que j’ai pu le constater. Une richesse économique certes, mais passagère. C’est surtout une perte totale de repères et de valeurs, le cerveau est aliéné par des messages 24/7 poussant nos désirs pour des réalités.

PEUT-ON PARLER DE POST-MATÉRIALISME ?

Le post-matérialisme est un concept qui vient de la sociologie américaine qui se définit par le besoin de donner un sens à sa vie qui va au-delà de la société marchande. Les biens et services consommés ne suffisent donc pas à satisfaire les individus. Le modèle capitaliste de la grande consommation s’essouffle progressivement. Plusieurs exemples concrets que vous avez certainement remarqué autour de vous tels que des proches ou même vous-même qui avaient décider de partir faire de l’humanitaire à l’étranger, militer dans une association ou encore partager ou prêter un bien sans réellement faire du profit. C’est un peu ça le post-matérialisme. Il est vrai que nous consommons toutes et tous, c’est indiscutable, mais les habitudes et le niveau de satisfaction évolue, les individus renouvèlent leur propre consommation en passant du matériel pur à une consommation hybride matérielle immatérielle.


Post-matérialisme



LE MONDE DU TRAVAIL NE FAIT PAS EXCEPTION

Les dernières applications mobiles et autres géants de la nouvelle économie tels que Uber, Lyft, AirBnb, Car2Go, etc. ne sont que des exemples de cette transition vers une consommation raisonnable, vers un mouvement social, vers des revendications plus qualitatives que quantitatives. C’est tout le modèle économique qui semble se redessiner. Le post-matérialisme engendre un regard critique envers les institutions et même les entreprises. À l’inverse, il créerait un sens de l’éthique et une certaine sensibilité nouvelle face aux enjeux d’aujourd’hui et de demain.

Ne plus rien posséder ne veut pas forcément dire posséder du matériel physique. C’est également le cas au niveau du travail et de ses relations surtout d’un point de vue hiérarchique, de l’appartenance à une organisation et des tâches. Le secteur du tourisme, typiquement un secteur de services, est un parfait exemple de cette évolution. Quels sont les employés aujourd’hui qui restent fidèles ?

“On remarque que les aspirations d’emploi se font vers des milieux plus créatifs, où le potentiel de création de l’individu est laissé libre, au détriment des emplois plus manufacturiers et aliénants. Cela se manifeste concrètement par l’apparition d’un important secteur économique des services.” - Ronald Inglehart.

Les employés en hôtellerie et restauration sont parmi les plus volatiles qui soient, une philosophie nouvelle pas encore adaptée aux exigences du secteur qui peine à retenir les bons employés. La stabilité voulue dans le passé ne serait donc plus un essentiel pour les nouvelles générations.

 

Par Julien Champainne
Étudiant en B.Sc Communication - Université de Montréal
Diplômé Bachelor en Hôtellerie Internationale - Vatel Business School Hotel &  Tourism Management
Diplômé Études Supérieures en Tourisme - Université de Perpignan Via Domitia

julienchampainne.com / Instagram @IMJulien

 

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