Retour sur l'événement TER: Femmes d'avenir

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TERJeudi dernier avait lieu l’événement Femmes d’Avenir organisé par TourismExpress La Relève. J’y ai assisté comme des dizaines d’autres femmes et hommes pour entendre ce qu’avaient à dire les conférencières Ève Paré, directrice générale de l’AHGM, Chantal Fontaine, propriétaire des restaurants Accords, Andréanne Mathieu, fondatrice d’Andréanne & co. ainsi que Stéphanie Ferandes, entrepreneure et coach vestimentaire. Je pourrais faire un communiqué de presse standard pour relater ce qui s’est dit, mais j’ai plutôt envie de pousser la réflexion un peu plus loin avec vous.


C’est maintenant au tour de la génération Y d’envahir le marché du travail qui n’est pas encore tout à fait adapté à leurs besoins et leur réalité. En effet, nous avons grandi en nous faisant dire que tout était possible, que l’avenir nous appartient. On n’hésite pas à remettre en question les modèles traditionnels d’entreprise où une hiérarchisation règne. L’appartenance à l’entreprise n’est plus aussi importante, ce sont les défis de l’emploi lui-même qui priment. S’ajoute un enjeu supplémentaire lorsqu’on est une femme. On a grandi en se faisant dire qu’il fallait éclater les plafonds de verre aussi petits soient-ils. Ça paraît si simple … et si difficile à la fois.

Nos grands-mères et nos mères ont travaillé fort pour nous permettre d’évoluer dans un monde plus égalitaire et juste. Nous avons même eu droit au maintenant célèbre : « Because  it’s 2015 » de Justin Trudeau suite à la nomination d’un cabinet paritaire au gouvernement fédéral. Il était temps direz-vous ? Oui certes, mais la médiatisation de ces nominations a prouvé que c’est encore un sujet tabou que plusieurs croyaient révolu.

J’étais donc très heureuse de voir que TER se penche sur la question, car pour les jeunes professionnelles, ce n’est pas toujours évident de confronter la réalité du monde du travail, surtout si l’on s’est fait dire que tout était possible.  À la première embûche, on se remet en question en se demandant si l’échec est normal, surtout en étant femme.

Pourquoi y a-t-il donc encore un fossé entre les femmes et le monde du travail ?

Plusieurs éléments peuvent l’expliquer : 

Ève Paré nous disait qu’il est le propre de l’homme de se vendre tandis que les femmes se retiennent plus. Elles ont moins confiance en leurs capacités et compétences (voire plus d’humilité). Ce phénomène se nomme : syndrome de l’imposteur. Il est donc important de prendre sa place dans son milieu de travail en osant avoir des initiatives, assumer plus de responsabilités et sauter sur les opportunités sans avoir peur de se tromper. Au final, ces occasions se traduiront en expériences qui nous feront grandir.

D’un autre côté, les qualités reconnues d’un homme au travail et celles d’une femme se traduisent différemment. Une femme ambitieuse qui excelle sera souvent vue comme avide de pouvoir et sans empathie. Tandis qu’un homme ayant la même attitude sera perçu comme étant performant et décidé. Quoique cette théorie soit de moins en moins vraie, cette image est plus souvent véhiculée que l’on pense. Faites juste penser aux films et téléséries américains tels que The Proposal (2009) mettant en vedette Sandra Bullock incarnant une chef d’entreprise sans pitié ne voulant rien sacrifier pour un homme ou une famille.

Aussi, on ne peut pas nier que notre biologie entre en ligne de compte. Ce sont les femmes qui tombent enceintes et l’on ne peut rien y changer ! Cela engendre automatiquement un déséquilibre dans une vie professionnelle où le concept de conciliation travail-famille prend tout son sens. Chantal Fontaine y est donc allée d’un conseil qui devrait être appliqué par toutes les femmes. En effet, la superwoman n’existe pas. Il est impossible de recevoir les amis avec un 8 services, de faire du bénévolat au centre d’accueil du coin, préparer des goûters sans gluten à ses enfants, performer au travail, faire des sorties en amoureux, boire un smoothie tous les matins pour ensuite faire son entrainement quotidien, faire les devoirs le soir tout en préparant un souper équilibré avec les quatre groupes alimentaires … bref, vous comprenez le principe. Il est donc important d’accepter l’imperfection et de simplifier au maximum les tâches quotidiennes pour garder de la place pour l’imprévu ou tout simplement pour passer du temps de qualité au travail et à la maison. Bien entendu, c’est facile à dire, mais je pense qu’il faut le faire et casser le mythe de la femme parfaite. Elle n’existe pas.

L’évolution du marché du travail et les femmes

En connaissance de cause, il est donc plus facile pour les femmes de se positionner dans leur milieu de travail et évoluer en tenant compte des défis qui l’entourent. Un moyen trouvé par trois de nos conférencières a été de se lancer en affaire.

De nos jours, on peut créer nos propres opportunités de travail. En effet, les modèles d’emploi sont de plus en plus diversifiés et accessibles. On peut maintenant avoir plusieurs emplois en même temps, se lancer en affaire, travailler de la maison, se faire connaître et être connecté grâce aux réseaux sociaux, évoluer dans l’économie de partage. Bref, la diversité du monde du travail permet de créer son propre univers de travail correspondant à notre personnalité et nos attentes.

Ces changements contribuent à l’épanouissement des femmes, car elles peuvent maintenant jouer sur plusieurs tableaux pour réunir succès professionnel et familial. Comme le relatait Andréanne Mathieu qui a mis sur pied sa compagnie en événementiel, être mère et chef de son entreprise ne change pas la charge de travail, il suffit de travailler autrement et ne pas avoir peur du regard des autres vis-à-vis la maternité. En effet, il lui est même arrivé d’avoir sa petite fille avec elle lors de réunion avec certains clients.

Aussi, le milieu de travail et de l’entrepreneuriat se construit bien souvent autour d’un réseau de contacts. Il ne faut donc pas s’empêcher d’aller de l’avant en demandant de l’aide ou en s’entourant des bonnes personnes. Les femmes ont souvent tendance à vouloir se débrouiller seules et n’osent pas demander conseil autour d’elles. Ce comportement empêche de grandir et de nous amener plus loin dans nos réflexions. Plusieurs ressources sont maintenant disponibles pour aider les femmes à s’émanciper sur le marché du travail et être en mesure d’entrer dans le « boys club », prenez par exemple le projet d’Isabelle Hudon, l’Effet A qui accompagne les femmes dans le cheminement de carrière.

Finalement…

Certes la société doit continuer d’évoluer pour arriver à une égalité des sexes que ce soit au niveau du salaire ou de l’accès aux postes clefs d’une entreprise. Par contre, il faut aussi travailler sur nous-mêmes, car bien souvent ce sont les femmes elles-mêmes qui sont la première barrière à leur réussite. Elles se bloquent certaines opportunités sans même les essayer par peur d’échouer. L’échec est quelque chose de positif si on se relève pour mieux avancer. Lorsqu’il y a des moments plus difficiles, il faut seulement garder en tête la passion qui vous animait en premier lieu, les objectifs fixés et revenir à l’essentiel.
 

TER : Femmes d'avenir

Comme dirait le grand Winston Churchill : « Le succès n’est pas final, l’échec n’est pas fatal, c’est le courage de continuer qui compte. »

 

PS. Sachez que le succès des femmes revient tant à elles-mêmes qu’aux hommes. C’est un travail d’équipe !

 

Par Frédérique Garon-Bissonnette

 

 

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