Tourisme authentique, la désillusion?

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Tourisme authentiqueDans mon précédent article, j’avais abordé les conséquences (souvent négatives) du tourisme de masse, mais je suis resté sur ma faim, et j’ai donc décidé d’aller un peu plus en profondeur dans ce sujet. Le but est de vous expliquer l’équation sans solution du tourisme de masse versus le tourisme authentique. On en parle régulièrement, de plus en plus de voyageurs (jeunes ou moins jeunes) se laissent tenter par une nouvelle forme de tourisme plus réelle, plus traditionnelle, en gros le contraire du tourisme de masse qu’ils rejettent presque systématiquement. Le monde moderne n’échappe à personne, les avions atterrissent presque partout, l’internet n’est plus une denrée rare et vous pourrez toujours commander votre Frappucinno partout dans le monde! Alors que qualifie-t-on vraiment d’authentique?


Le superficiel et l’authentique sont-ils si différents ?


«Les touristes demandent du tourisme authentique et si possible avec des visites sans autres touristes, le must pouvant être un mariage traditionnel». De nombreuses agences de voyages promettent une authenticité exceptionnelle à leurs clients, que leur séjour sera rempli de rebondissements, de péripéties fantastiques et de rencontres inoubliables. Comment est-ce possible de garantir tant de bonheur? Psssst…Ne soyons pas dupes, c’est clairement impossible! On programme l’authenticité à son maximum, la mise en scène est donc inévitable et la synchronisation débute dès votre atterrissage!

À trop vouloir toucher l’authentique, le touriste frôle t-il le cliché idéaliste?

Graphique critères d'authenticitéSelon Nelson H. Graburn (professor Emeritus, UC Berkeley), « La structure du tourisme est essentiellement semblable à celle de toutes les conduites rituelles. Dans un premier temps, elle introduit le touriste dans un monde sacré, puis elle le transforme et le renouvelle avant, finalement, de le rendre à la normalité ».

Ce phénomène est une recherche naturelle constante pour donner un nouveau but au tourisme. Si ce n’est plus un loisir mais une obligation, le touriste fait-il toujours du tourisme, n’est-il pas plutôt un pèlerin, comme au moyen-âge? Il paraît extrêmement simple mais aussi extrêmement complexe de répondre clairement à cette interrogation. Le touriste cherche toujours plus d’authenticité, et à force de quêter l’authentique, celui-ci devient complètement inauthentique (de part sa consommation), alors le touriste cherche encore plus loin…La quête d’authenticité tend donc vers d’inévitables dérèglements et vers un effet de masse sans marche arrière.

L’apologie du tourisme

Pour conclure, cette brève analyse m’inspire à dire que l’authenticité sert souvent d’argument majeur dans toute campagne publicitaire touristique, et que le touriste en est davantage responsable depuis qu’il se blase constamment et rapidement, la faute étant la consommation avide de produits touristiques.

*cet article reflète uniquement l’opinion du rédacteur et non d’ensemble de la communauté TER. 

 

Par Julien Champainne
Étudiant en B.Sc Communication - Université de Montréal
Diplômé Bachelor en Hôtellerie Internationale - Vatel Business School Hotel &  Tourism Management
Diplômé Universitaire Études Supérieures en Tourisme - Université de Perpignan Via Domitia

 

Sources:

L'anthropologie du tourisme et l'authenticité, Cahiers d’études africaines, 2009

Des faux authentiques, Revue Terrain, p. 41-56, 1999

Le tourisme authentique peut-il devenir plus prédateur que le tourisme de masse? , Tourmag, 23 avril 2015

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