Virtuel vs Réel

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airbnbLe monde virtuel prend de plus en plus de place dans nos vies. Que ce soit Facebook, Twitter ou Instagram, on passe de plus en plus de temps sur ces applications et notre façon d’acheter a changé. Il y a les hôtels, motels et auberges de jeunesse que tout le monde connaît et qui sont règlementés par le Ministère du Tourisme. On peut les appeler pour réserver ou aller sur internet pour le faire. Une nouvelle tendance par contre commence à se propager chez les consommateurs : les locations de chambres à des inconnus par internet, à moindre coût, avec l’avantage de commentaires clients. En faisant affaire sur ce genre de sites internet, comme sur airbnb par exemple, on a les bienfaits des hôtels et auberges de jeunesse, mais sans l’inconvénient du prix : on rencontre des gens lorsque l’on arrive dans notre chambre, on sait à quoi s’attendre, et tout ça sans que ça nous coûte très cher.  

Que se passe-t-il par contre quand ce monde virtuel crée un nouvel univers, avec lequel le monde réel n’a aucune chance de faire compétition ? Louer des chambres à des inconnus n’est pas règlementé par le gouvernement, et ce, n’importe où dans le monde ; cette façon de faire est complètement illégale mais accessible par n’importe qui, en plus de ne pas être fiable. Il arrive souvent que des locataires soient victimes d’arnaques car ils louent une chambre qui en fait n’existe pas ou qui n’est pas accessible. Cette façon de faire ne peut être réprimandée car le gouvernement commence seulement maintenant à analyser cette problématique.

Aussi, comme c’est une tendance qui se popularise, aucune attention sérieuse n’y avait été accordée auparavant. Le Ministère a récemment créé un comité consultatif sur l’hébergement illégal afin d’essayer de gérer et d’analyser cette tendance. Cependant, comme ce système est complètement en ligne, il est extrêmement difficile de le contrôler. Si un gouvernement le ferme, le site rouvrira dans une autre province ou dans un autre pays, et redeviendra utilisé la minute suivante par les internautes. Cela devient alors un concurrent féroce dans le monde hôtelier. C’est rendu que les clients magasinent sur internet pour avoir un service de haute qualité mais sans être prêts à y mettre le prix. Ils veulent être sûrs de la qualité de leur expérience mais sans y mettre le temps ; louer des chambres à des inconnus à moindre prix, en plus d’avoir des commentaires clients positifs, permet de s’assurer de la qualité de l’offre, de ne pas payer cher et d’aller vite. Ce genre de service l’a très bien compris. En plus des réservations virtuelles de chambres illégales, il y a Expédia, Trip Advisor et tous ces programmes qui rognent une partie des profits des hôteliers en échange d’une visibilité sur internet.

Faire fonctionner un hôtel, motel ou auberge de jeunesse dans notre siècle est maintenant beaucoup plus difficile qu’il y a dix ans. Le Delta a fermé à Montréal, ainsi que le HolidayInn Midtown, parce que l’offre dépasse la demande. Disons simplement que ces sites internet ont bien compris les besoins des clients car ils rentrent en jeu dans une époque où les gens veulent économiser mais être sûrs de la qualité de leur chambre, et où l’offre hôtelière dépasse la demande. Aucun hôtel ne peut ne peut faire compétition avec ces sites web car ces sites ont la confiance des consommateurs. Les hôtels deviennent alors complètement dépendants des sites marketing tels qu’Expedia et perdent une partie de leurs profits. Le reste de leur marge de profits est « volé » par ces sites d’hébergement illégal comme airbnb. Un site internet qui se spécialise dans le tourisme, Condé Nast Traveller, a aussi dit que les consommateurs chercheraient de plus en plus des maisons de vacances et non des chambres d’hôtels[1].

Bref, ce n’est pas pour être pessimiste mais de plus en plus d’hôtels vont fermer au détriment de ce genre de service. Les hôtels doivent diversifier leur offre s’ils veulent avoir une chance de survivre dans un monde ou les consommateurs veulent prendre le moins de risques possibles, mais avoir la meilleure expérience et le meilleur prix.

Par Coralie Tigé, 
Étudiante au B.A.A Gestion de l'Hôtellerie et de la restauration - ESG UQAM


[1] http://www.cntraveler.com

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